DE LA VILLE DE PARIS.
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rolle par chascune de voz Dixaines, samedy pro­chain, heure de neuf heures, de toutes les.personnes demourans es maisons des Dixaines, capables de porter armes, tant maistres, enfans que serviteurs, chambelans ou aultres, de quelque estat, qualité ou condition qu'ilz soient, officiers du Roy et aultres, et par mesme moyen faictes description des armes qu'ilz ont, et enjoignez de par led. seigneur et nous, à tous ceulx qui auront harquebouzes ou pistolles de faire prouvision de chascun de deux livres de pouldre.
Ce faict, nous envoyez dans lundy matin lesd, rolles contenans les noms de ceulx qui sont cappables de porter armes, comme dict est, et de la qualité desd, armes, le nombre des harquebuziers, picquiers ct halbardiers,corcelIetz, morions, chemises et manche de maille, picques et aultres sortes d'armes que aurez en chascune Dixaine.
"Faict au Bureau dc lad. Ville, le xxixejour d'Oc­tobre , l'an vc lxii. n
CCLIV. — Pour cent mil livres de rente que le Roy veult vendre.
3i octobre i562. (Fol. i4o.)
Du dernier jour d'Octobre oud. an.
En l'Assemblée tenue en l'Hostel de ceste ville de Paris le jeudi, xxix" jour d'Octobre mil vc lxii de Mess" les Prevost des Marchans, Eschevins et Con­seillers de lad. Ville, pour adviser sur le faict de la vente que le Roy veult faire à lad. Ville de la somme de cent mil livres tournois de rente sur les biens de l'Esglise'*>, a esté conclud et advisé soubz le bon plai­sir du Roy que pour la surette dc ceulx qui soubz la foy de la Ville fourniront deniers au Roy, fault [que] messieurs de l'Esglise galicane ou bien messieurs les archevesques de Reins, Rouen et Sens, tant pour eulx que comme eux faisans fors des aultres arche­vesques, evesques, abbez, prieurs et aultres commu-naultez de ce royaulme, mesmes de ceulx estans au dedans dc leursd, archeveschés, ceddent et trans­portent au Roy pour subvenir à ses très grans el très urgens affaires, mesmes à la guerre qu'i luy a convenu et convient soustenir pour la tuition, pro­tection et deffence de son Esglise galicane dont il est protecteur et déffenseur, cent mil livres tournois de rente de revenu annuel, racheptable de douze cens mil livres, et icelle prandre et parcepvoir sur leurs terres et seigneuries, qui seront par le menu et par­ticullierement denommez <2>, lesquelles speciallement ilz obligeront au payement desd, cent mil livres tour­nois dc rente, et generallement tout leur aultre tem­porel, à fournir et faire valloir icelle rente payable
par chascun an aux termes acoustumez à Paris par leurs recepveurs et fermiers, lesquelz à ceste fin se obligeront au Recepveur de lad. Ville, comme pour les deniers et affaires du Roy, et feront le tout auc-toriser par le Pape; lequel transport ainsi faict au Roy par ceulx de l'Esglise led. Seigneur en fera transport aux Prevost des Marchans et Eschevins, et promettra iceulx cent mil livres tournois de rente garentir, fournir et faire valloir, ct à ce faire obli­gera tous et chascuns ses biens en la maniere acous­tumée. Lesquelz Prevost des Marchans ct Eschevins s'obligeront de faire payer par le Recepveur de lad. Ville les rentes qui seront constituées à ceulx qui bailleront deniers pour fournir aud. sr Roy lad. somme de douze centz mil livres, ainsi que parde­vant ilz ont faict à ceulx qui ont fourny deniers pour les affaires du Roy sur les greniers qui ont estez baillez par led. Seigneur. Ce faisant, le Roy deschargera le clergé de pareille somme de douze centz mil livres sur ce que luy a esté promis par led. clergé aux Estatz.
Et ne fault oublier de faire mettre clause des-rogatoire que par lettres leues et publiées a la Court de Parlement, par lesquelles icelluy clergé a promis au Roy neuf millions payables à cinq ans, qui est par chascun an seize [cens] mil livres'3', est or­donneque lesd, deniers seront convertiz au rachapt du domaine du Roy.
O Les Mémoires du prince de Condé (coll. Michaud, i™ série, t. VI, p. 690), en mentionnant la publication au Parlement de lettres "par lesquelles le Roy vouloit que l'on alionast, sur les biens immeubles des eglises du royaume, cent mil livres de rente, pour la somme de douse cent mil livres-, font observer que "celte ouverture fut trouvée de périlleuse consequence!!.
(2)    L'état des bénéficiers ecclésiastiques qui devaient fournir les cent mille livres de rente est compris dans le contrat de vente div 16 novembre.
(3)  Aux termes d'un contrat en date du 21 octobre 1561, lo clergé du royaume avait accordé 1,600,000 livres duraut six ans. Voir l'édit d'octobre_i562 ordonnant l'aliénation de cent mille livres de rente sur cette allocation. {Archives nationales, Parlement de Paris, X1" 8624, fol. 3io r°.)                           .